samedi 14 février 2009

3 - Lettre à monsieur Trunet

Ma compagne avec moi en décembre 2005 dans la petite chapelle de mon enfance de Saint-Riquier. La pauvre ne comprend rien à ma flamme izarrienne mais acquiesce docilement à cette douce folie...

Certes j'ai quelques légitimes griefs contre certains anciens précepteurs de Saint-Riquier. Mais, magnanime, nuancé et équitable, j'ai aussi de justes hommages à leur rendre...

Avant de déchaîner "le verveux orage vengeur" de l'ancien élève que je fus, je propose donc quelques douceurs propres à tempérer les humeurs vieillissantes de ceux qui se sentiront directement visés par mes textes.

Monsieur Trunet,

Je suis vraiment heureux de vous retrouver.

Saint-Riquier m'a marqué, en bien et en moins bien, et je retourne de temps à temps à Amiens voir l'école -de l'extérieur- avec une émotion toujours intacte (j'habite le Mans).

Les lieux de ma scolarité -lieux de joie, lieux de souffrances, lieux de l'enfance- me sont devenus sacrés. Je suis resté attaché à Saint-Riquier au point d'y être retourné à plusieurs reprises pour y "revivre" mon passé.

J'ai maintes fois entrepris des recherches à votre sujet sur le NET, en vain. Apparemment vous ne laissez aucune trace sur GOOGLE... Récemment j'ai pris contact avec monsieur Brabant grâce à ce présent site, ainsi qu'avec d'autres camarades de classe de 1978 à 1980. Hé bien sachez que ma surprise -pour ne pas dire ma joie- de vous revoir fut la plus vive.

(...) Les quelques nouvelles que je recevais de l'école m'ont toujours été précieuses. Comme vous le constaterez sur ma fiche de présentation, je n'ai pas oublié les mauvais moments passés à Saint-Riquier et à Saint-Acheul. Je n'ai pas occulté les bons moments pour autant. Par-delà les rancoeurs de l'enfance, qu'elles soient légitimes ou exagérées, je rends grâces à mes professeurs qui ont su faire preuve de patience, de pédagogie -et même parfois de salutaire rigueur- pour faire de moi un "honnête homme". Ou disons plus modestement, un "être structuré". Lorsque j'étais élève, je n'ai pas su, ou plutôt pas pu manifester ma gratitude envers le corps enseignant. J'étais un enfant... On ne se rend pas toujours compte des choses importantes à l'âge puéril.

J'ai pardonné aux abbés (l'austère abbé Laurent, le grotesque, brutal abbé Bernier) les mauvais souvenirs hérités de mon passage à Saint-Acheul et Saint-Riquier. Quant à l'abbé Wersmé (appelé aussi "monsieur le Préfet"), je n'ai pas eu à lui pardonner étant donné que je n'ai jamais rien eu à lui reprocher, bien au contraire... Les bons vivants sont souvent les coeurs les plus doux...

Bref, voici en quelques lignes (que j'espère exemptes de fautes car je tiens à faire honneur à mes anciens professeurs) le témoignage ému, dur, sincère d'un ancien élève de Saint-Riquier et Saint-Acheul, l'hommage surtout d'une âme consciente de sa "dette" envers ses anciens précepteurs. Je n'ai pas toujours été un bon élève à Saint-Riquier, ni un bon chrétien, encore moins un bon camarade, mais toujours un excellent rêveur.

Raphaël Zacharie de IZARRA

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire